Carol Lynn Blair

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Bonjour mon nom est Carol Lynn Blair, et je suis une survivante du cancer du col de l’utérus.

Tout a commencer 1 an et demi après la naissance de ma fille. Au mois de mars, l’an 2000 je suis allé pour une cytologie, mon médecin m’a rappelé pour me dire qu’ils avaient trouvé des cellules anormales mais il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Je n’avais rien eu avant et je n’ai jamais pensé au cancer alors jusque là tout était bien. J’ai passé une colposcopie, très inconfortable, et mon médecin m’a rappelé mais ne voulais pas me donner les résultats par téléphone. Bon là je commençais à m’inquiéter mais encore là, je n’ai jamais pensé au cancer, il y en a jamais eu dans ma famille côté des femmes, juste un de mes grand pères et lui fumait comme un dragon, pour moi, c’était résultat de ça.

Quand mon médecin m’a annoncé que j’avais un cancer, elle m’a dit qu’il fallait m’opérer rapidement, j’allais être mis sur une liste prioritaire et que mon cancer était très agressif puisqu’il s’est développé très rapidement et était en phase avancé en très peu de temps. Faut dire que 1 an avant, à ma dernière cytologie, il n’y avait rien d’anormal. Elle me demande « Avez-vous des questions?? » j’étais assommé! Mon cerveau a fait un court circuit, rien, pas d’idées me passèrent par la tête encore moins des questions...Elle ne m’a pas offert d’information, de conseils, de numéros de téléphones pour information ni support morale.

Ma première réaction étais « je vais mourir, que va-t-il arriver avec mes enfants » Mon fils avait 7 ans et ma fille pas tout a fait 2 ans encore. Toute seule, comme dans un rêve, je me suis rendu à mon auto, au travail, je ne me souviens pas du reste de ma journée, juste que j’étais en état de choc. C’est en revenant chez moi le soir que ça m’a vraiment frappé. Je vais mourir, je ne vais jamais voir la première blonde de mon fils, le mariage de ma fille, sa première journée à l’école, en fait tous les « premiers ». J’ai pleuré tout le long de mon retour à la maison, mais rendu là je devais arrêter,  je ne voulais pas inquiéter les enfants, fallais les protéger. Mon mari était au courrant, suffit de dire que je n’ai pas eu de support de lui et nous sommes divorcés aujourd’hui.

Une fois les enfants au lit, j’ai appelé ma mère, nous avons pleurés un peu plus. Elle est inhalothérapeute et je cherchais un peu d’assurance que tout allais être correct mais elle ne connaissait pas les différents cancers, les pourcentages de survie etc...mais j’ai quand même eu un peu de confort à savoir qu’elle allait s’informer auprès de médecins qu’elle connaissait. Ce que je trouvais bizarre, c’est que je n’éprouvais pas de symptômes. Je n’avais pas mal, je n’avais pas de pertes anormales, rien.

Pendant un mois et demi, avant que je me fasse opérer, j’ai vécu une grosse dépression. Au lieu de célébrer mes journées que tout allait bien, je me suis plongé dans le désespoir. Les informations que ma mère a pu avoir étaient difficiles à comprendre. Certains disaient de ne pas m’inquiéter, que le cancer du col était un des plus facile a guérir, d’autres disaient que dépendant du genre de cancer ça pouvait infecter rapidement d’autres parties, j’ai vraiment eu un manège d’informations qui m’ont laissé plus mélangé que la première journée.

Après l’opération je suis resté à la maison quelques semaines et tout était fini. Aussi vite que c’est arrivé, aussi vite que c’est parti. Je n’ai pas eu besoin de traitements de chiméo ou autre, quel soulagement!

J’ai eu les suivis au 3mois au début ensuite au 6 mois finalement après 2 ans tout était fini. Mais la peur restera pour toujours.

Depuis j’ai encore eu une petite peur, une cyto anormale mais après une deuxième cyto, tout était correct, j’ai aussi trouvé une bosse sur un sein, mais c’était des dépôts de graisses. Toutes les fois, c’est la même peur au début, mais pas très longtemps. Je me suis bien renseigné des cancers. Les types, les endroits les plus vulnérables et dangereux dans le corps, la détection, la prévention, le support moral surtout, même les aliments à manger pour les antioxydants qui aident à prévenir. Aujourd’hui c’est ça qui m’aide le plus, c’est d’être informé, les connaissances que je n’avais pas cette fois là, il y a déjà 9ans et demi!

 

 

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